Le pèlerinage international du Christ-Roi à Lourdes - Année Jubilaire 2008

04 Août, 2009
Provenance: fsspx.news
Majestueuse procession dans la basilique saint Pie X

Ce fut le plus grand pèlerinage organisé par la Fraternité Saint-Pie X, de toute son histoire.

Près de 300 prêtres, religieux et séminaristes, plus de 150 religieuses, et au moins 18.000 fidèles sont venus entourer, au pied de la grotte de Massabielle, les 4 évêques sacrés, il y a 20 ans, par Mgr Marcel Lefebvre. Il y avait les Bénédictins de Bellaigue, les Capucins de Morgon, les Dominicains d’Avrillé, les Pères de la Transfiguration de Mérigny le Pêre Marziac… On pouvait reconnaître les Sœurs si hospitalières du Rafflay, les Petites Sœurs de Saint François du Trévoux, les Dominicaines enseignantes de Brignoles et de Fanjeaux, les Soeurs de la Ftraternité Saint-Pie X…, et j’en oublie.

On voyait une cinquantaine de Sud Américains guidés par l’abbé Bouchacourt, une centaine de Mexicains qui iront ensuite à Ars, à Paray-le-Monial, à Lisieux… Il y avait aussi ces pèlerins anonymes, ceux qui ne s’étaient pas inscrits de longs mois à l’avance, mais qui, attirés par la beauté de la liturgie traditionnelle, ont demandé à pouvoir se confesser et ont retrouvé une foi qu’ils croyaient perdue.

D’une seule voix

Ce qui n’a pas manqué de frapper le pèlerin, ce fut la profonde unité de ton entre les prédications de ces trois jours.

Le samedi, l’abbé Yves le Roux, nous rappelait la phrase de Notre Dame à sainte Bernadette : « Je ne vous promets pas de vous rendre heureuse en ce monde », l’invitant à tourner de façon décisive son âme vers la Patrie céleste. Le directeur du séminaire de Winona, aux Etats-Unis, nous montrait ces âmes vieillies, ces cœurs flétris, ces regards fanés par le péché, avant de jeter à la face des pèlerins médusés le mot de Charrette enthousiasmant ses chouans : « Sommes la jeunesse du monde, Messieurs ! ».

Le lundi, l’abbé Régis de Cacqueray nous demandait d’être prêts « à lâcher tout l’inutile de nos existences pour ne plus nous consacrer, pour ne plus nous passionner que pour ce combat gigantesque et décisif du règne de N.S. Jésus-Christ, pas seulement dans les tabernacles et dans les âmes, mais également sur les familles, sur les pays et sur toutes les sociétés ». Plus tard le supérieur du district de France écartait d’un revers de main les futilités et les bagatelles qui encombrent nos vies, leur substituant les « instruments infaillibles » donnés par Marie aux soldats du Christ : le Rosaire, les Exercices spirituels et son Cœur immaculé.

Cette prédication préparait et reprenait, sans aucune concertation préalable, le sermon du dimanche où Mgr Bernard Fellay s’inspira des deux mots d’ordre de la Sainte Vierge, « prière et pénitence », pour redire la nécessité de l’abnégation chrétienne : « Le monde ne pense qu’au plaisir, le monde ne veut que la vie facile. Et on ne trouve presque plus de bouches qui rappellent ce chemin du Ciel : pénitence. C’est la Croix, c’est le chemin de Notre Seigneur, pas un autre. Nous sommes sauvés par la Croix de Jésus ».

Remerciant Notre Dame pour la protection particulière qu’elle étend sur l’ensemble de la Fraternité Saint-Pie X, le Supérieur général lança alors une nouvelle croisade du rosaire pour obtenir du Saint Père le retrait du décret d’excommunication qui frappe non pas tant les évêques sacrés par Mgr Lefebvre, que tous ceux qui œuvrent en faveur de la Tradition et auxquels on a tôt fait d’accoler une étiquette infamante pour les disqualifier définitivement. Et de demander très précisément : « Nous vous invitons jusqu’à Noël à rassembler, cette fois-ci encore, un million de chapelets ».

C’est pour le bien de l’Eglise tout entière qui ne saurait se couper de son patrimoine bimillénaire, qu’il faut supplier la Sainte Vierge d’obtenir la grâce de voir la Tradition non plus excommuniée, mais réhabilitée ; la Tradition qui n’est pas, ajouta Mgr Fellay, « un attachement fossile, une fidélité morte, (mais) un attachement à recueillir du passé les principes, les leçons de vie pour vivre aujourd’hui, car la Vérité, Dieu, est au-dessus du temps. La foi ne change pas, les principes surnaturels de l’Eglise ne changent pas ».

Après avoir lui-même assuré la traduction de son homélie en allemand, anglais, espagnol et italien, le Supérieur général a renouvelé la consécration de la Fraternité Saint-Pie X au Cœur Douloureux et Immaculé de Marie, faite par son prédécesseur, l’abbé Franz Schmidberger, en 1984 . – Voir le texte intégral du sermon de Mgr Fellay ou écouter le sermon audio et l’Acte de consécration au Cœur Immaculé de Marie dans nos Documents.

Le « pèlerinage fantôme »

18.000 pèlerins, cela ne passe pas inaperçu ! sauf pour la presse. Malgré une cinquantaine de dossiers de présentation adressée aux rédactions parisiennes et provinciales, pas un journaliste n’a rendu compte du pèlerinage du Christ-Roi !

Dans son édition du lundi 27, La Nouvelle République des Pyrénées ne relatait que « l’attraction du week-end aux Sanctuaires : le pèlerinage des gardians ». Les pèlerins de la Tradition n’étaient évoqués que pour mémoire : « les éleveurs de chevaux de Camargue (…) ont attiré beaucoup de monde aux Sanctuaires qui accueillaient également (sic) le pèlerinage du Christ-Roi de la Fraternité Saint-Pie X et ses 18.000 pèlerins ».

Ah ! il est vrai que si Mgr Fellay avait été un gardian, mais ce n’est qu’un gardien de la foi. Comment peut-il faire la « une » des journaux ? Ah ! si l’abbé de Cacqueray s’était présenté à cheval devant la Vierge couronnée, mais il n’est à cheval que sur les principes catholiques. Il ne pouvait intéresser ces journalistes qui ne s’appuient, eux, sur les principes qu’avec l’espoir de les faire céder.

18.000 fantômes que la télévision n’a pas vus, que la radio n’a pas entendus, dont les journaux n’ont pas parlé. 18.000 pèlerins qui s’inscriront bientôt aux abonnés absents de ces mêmes journaux.

La messe au milieu des malades

Ils sont là, sur des brancards ou dans leurs fauteuils roulants bleus, poussés par des gardes-malades qui sont autant d’anges gardiens. Je vois une jeune sœur du Rafflay, frêle sous son voile blanc liséré de rouge, elle remonte une couverture sur son malade, car il ne fait pas chaud dans la basilique souterraine.

Des infirmiers s’affairent, portent de l’eau et demandent si tout va bien. Il y a là un frère qui a passé par-dessus sa soutane noire la blouse blanche. Il va chercher un prêtre pour un infirme qui manifeste le désir de se confesser. D’autres suivent.

Un vieillard est paralysé sur un brancard ; à l’autel, c’est l’offertoire et le prêtre verse la goutte d’eau dans le calice. Immobile, seuls ses yeux sont mobiles, le vieillard offre ses souffrances qui deviennent un sacrifice. A la consécration, cloué sur son lit, il ne peut s’agenouiller, mais uni à la Croix, il souffre et il s’offre. A la communion, il ne peut aller à Jésus, Jésus vient à lui.

A la fin de la messe, après la procession du clergé, les fauteuils bleus roulent sur les plans inclinés qui mènent à la sortie. De part et d’autre, les fidèles leur laissent le passage comme en une haie d’honneur.

Soyons nombreux encore à Lourdes, l’an prochain !

Avant la bénédiction finale, devant la grotte de Massabielle, l’abbé de Cacqueray tint à remercier tous ceux qui de près ou de loin, officiellement ou discrètement, avaient permis le succès de ce pèlerinage grandiose, en particulier l’abbé Nicolas Pinaud, prieur de Domezain et maître d’œuvre efficace de ces cérémonies. Il dit sa gratitude à l’évêque de Tarbes et Lourdes pour son hospitalité aux Sanctuaires, mais ne put cacher combien l’interdiction faite à Mgr Fellay de célébrer dans la basilique Saint-Pie X avait causé une peine immense aux prêtres et aux fidèles attachés à la Tradition. Les applaudissements spontanés qui l’interrompirent montrèrent combien il avait su exprimer ce que tous ressentaient profondément. Puis il invita les pèlerins à se retrouver l’an prochain à Lourdes, mais d’ici là… à leurs chapelets pour recueillir ce million de roses à déposer aux pieds de Notre Dame, à Noël !

 

Pèlerinage international de Lourdes 2008 : Photos 

Les photos sont protégées par un copyright. Nous remercions M. Turpault, La Porte Latine, et le séminaire de Winona pour les photos qu’ils ont aimablement mises à la disposition de DICI

Evêques, prêtres, religieux, religieuses et fidèles occupant toute l'esplanade de la basilique du Rosaire pour une procession nocturne